Vécu frontalier algéro-marocain depuis 1994 : quotidien d'une population séparée

Les frontières terrestres entre le Maroc et l'Algérie, longues
d'à peu près 1 600 kilomètres, sont fermées depuis 1994. Cette
fermeture oblige la population frontalière au respect de la frontière
en tant que limite et symbole de la souveraineté étatique, au
même titre que le reste de la population des deux pays.
Cependant, une observation participative de la région permet
de mettre en évidence un genre de vie particulier. En effet, la
population frontalière a presque de tout temps entretenu des
relations familiales et commerciales soutenues. Son vécu est basé
sur une forte proximité de part et d'autre de la frontière.
De la sorte, la fermeture des frontières n'est pas respectée par
cette population, au quotidien. Son unique résultat est l'apparition
et l'installation d'une sorte de « déviance routinière ».
Il ressort de l'analyse du vécu frontalier que la «déviance» y est
une manière de préserver et de répondre aux besoins spécifiques
de la population. Autrement dit, les relations commerciales et
familiales qui étaient conduites dans la légalité, avant la fermeture
des frontières, sont devenues des actions «déviantes».
La «déviance» y est par conséquent une réponse à
l'inadéquation de la décision de fermeture au genre de vie
frontalier.