Les voleurs de falaise : un territoire d'escalade entre espace public et espace privé

Voilà une bien étrange paroi où les grimpeurs tombent du haut de la falaise, jouent avec l'espace et sculptent le
vide, au lieu de concentrer leur attention sur l'ascension et leur regard vers les cimes. Entre le refus de la performance
à tout prix et de la commercialisation de leur passion, un groupe de grimpeurs a construit une sorte de territoire
de l'escalade où la chaleur du lien social n'a d'équivalence que la violence symbolique renvoyée vers ceux
qui «n'en sont pas».
Au travers d'une enquête de terrain, l'auteur
décortique minutieusement les différents niveaux
et articulations de cet assemblage social
qui associent à la fois un espace, un groupe et
une histoire commune pour produire une forte
identité : Claret et les «Claretman» !
Cependant, outre l'invitation au voyage ethnographique,
l'auteur montre que derrière une
activité somme toute futile, l'escalade, se cachent
des enjeux qui renvoient aux thèmes qui
structurent les interrogations sociales et politiques
contemporaines : espace public vs espace
privé, lien social vs exclusion, individualisme vs
communautarisme. Les pratiques contemporaines
de l'escalade ne sont ici qu'un analyseur
des tensions sociales actuelles.
Guide de haute montagne pendant une quinzaine
d'années, Éric de Léséleuc est sociologue-ethnologue,
chercheur intégré à l'équipe «Corps
et Culture» et maître de conférences de l'Université
Montpellier 1. Il développe de nombreuses
collaborations d'enseignement et de recherche
avec les pays hispanophones.