Histoire d'un trésor perdu : transmettre la Révolution française

La Révolution française a été taraudée par une question : comment
transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas
vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions
civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout
une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question,
ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir,
sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment
l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais
aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte
de «trésor perdu» pour des héritiers sans testament.
La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la
Commune de Paris, la Troisième République, le début du XX<sup>e</sup> siècle
socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève
dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont
perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui.
Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles
à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter
mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement
libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique.
Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme
référence émancipatrice.