Limoges : requiem en sous-sol. Oxymort

«Nuit horizontale. Nuit verticale. Pas vu la lumière
depuis deux jours. Deux jours que je me réveille
avec un terrible mal de crâne, que je ne sais pas
pourquoi je suis enfermé ici, dans une pièce froide
et humide, que je n'ai aucune idée de ce que j'ai
mangé, que l'odeur de ma sueur ne parvient plus
jusqu'à mes narines, que mes doigts n'ont rencontré
que des murs. Deux jours que je pisse et chie
dans un seau rempli d'eau de javel. Deux jours que
je suis réduit à un animal piégé au fond d'un trou.»
Un homme s'éveille, enchaîné sur la terre battue d'une
cave. Engourdissement, incompréhension. Qui ? Pourquoi
? La seule façon de repousser son désespoir, de
lutter : remonter le temps, errer dans les corridors de
sa mémoire et chercher à comprendre pour tenir en
laisse la folie. Guetter l'apparition d'une femme, au
moment où les ombres s'étirent dans le crépuscule.
Jouer la musique de sa survie.