Le Brésil : le réveil du géant latino-américain

Depuis 1941, «Le Brésil, un pays du futur», titre - énigmatique -
de l'ouvrage de Stefan Zweig, est le point de départ d'études et d'essais,
mais aussi de fantasmes et de railleries au sujet de ce «futur».
Pourtant, près de trois quarts de siècle plus tard, il semble que le
géant latino-américain soit enfin parvenu au seuil d'un avenir prometteur
: la misère a commencé à reculer, les richesses à être (un peu)
mieux partagées, et le territoire fourmille de chantiers ambitieux.
Bien sûr, il y a encore des failles, d'importants secteurs, comme la
santé et l'éducation et la sécurité publique, restent à améliorer. Mais le
peuple allègre, convaincu d'habiter «un pays comblé de richesses», et
ses «élites» dirigeantes, longtemps recroquevillés sur leur puissance
régionale de pays-continent, veulent désormais que le Brésil joue dans
la cour des grands. Et pas seulement en football.
Le réveil a commencé avec la stabilisation économique, en 1994,
sous la houlette du président-sociologue Fernando Henrique
Cardoso, et se poursuit sous la direction d'un ancien syndicaliste de
gauche, converti au discours libéral de la croissance, l'ancien «métallo»
Luiz Inacio Lula da Silva. Le héros des pauvres est un président
qui a déjà laissé son empreinte dans l'histoire du Brésil.
C'est ce réveil d'un «géant» qu'Annie Gasnier nous propose ici de
découvrir dans ses reportages...