Analogie de l'Avent : transcendance de l'extériorité et critique anthropologique

Dieu serait-il devenu hors de portée de la pensée dans un contexte marqué
par son éviction de la culture, par sa «mort», figure conceptuelle de la
modernité ? Comment penser et comment parler d'un Dieu devenu absent de
l'horizon contemporain du pensable ? La fracture du cercle clos du non-lieu
de la pensée de Dieu, érigé par la modernité, passe par le réinvestissement de
la question de l'analogie. Le théologien allemand Eberhard Jüngel s'y est
employé avec bonheur en proposant un modèle théologique d'analogie ajusté
à son site d'intelligibilité propre qu'est l'événement de l'incarnation de Dieu
(analogie de l'Avent). Qu'en est-il des autres modèles d'analogie ? Qu'en est-il
de l'analogie de l'être ? Faut-il définitivement la congédier en raison de sa
prétendue incapacité de justifier une parole réellement affirmative sur Dieu ?
Le débat que suscitent ces questions ne fera pas l'économie d'une réévaluation
de la question de l'être et d'une élucidation du paradigme anthropologique.