Le coup de pistolet

Dans "La Chartreuse de Parme", Stendhal prévient ses
lecteurs : "La politique dans une oeuvre littéraire, c'est un
coup de pistolet au milieu d'un concert, quelque chose de
grossier mais auquel pourtant il n'est pas possible de refuser son
attention. Nous allons parler de fort vilaines choses."
Qui se cache derrière le masque grimaçant de Manco Capác,
le nouvel Inca ?
Les gouvernants andins, tel le Président Samy Terrano, sont-ils
d'extraction divine ou seulement de machiavéliques despotes
?
Le roman de l'Andin Angel-Wari Perro-Runa, remarquablement
traduit de l'hispano-Quetchua par le professeur Jean
M. Basset, vous le fera découvrir.
Il vous entraîne dans les marécages nauséabonds du pouvoir
politique où errent les mythes les plus improbables chantés
par les choeurs des laudateurs aux yeux tachetés.
Mais, telles les plus imposantes Huancas , ces monolithes
sacrés chez les Incas, dont les ombres ne résistent pas à l'éclatante
lumière de la vérité, les usurpateurs sont démasqués et,
comme les plus grandes constructions humaines, finissent en
petits tas de poussières balayés par le vent de l'histoire.
D'autres, après eux, tenteront de les imiter, de singer leurs
postures et de s'inspirer de leurs actes. Ils n'en revêtiront que
les habits et les masques, masques horribles légués par le
sage Viracocha afin que les peuples soient pris de terreur en
les voyant et réfléchissent à deux fois avant de leur accorder
leur confiance.