Paris détruit : du vandalisme architectural aux grandes opérations d'urbanisme

Paris s'élève sur ses décombres. Relativement épargnée par les guerres ou les incendies, la ville
patrimoniale a été affectée en profondeur par les destructions volontaires. L'âpreté spéculative
a ainsi valu à beaucoup d'hôtels particuliers d'être rasés. Mais les destructions ont aussi été le
fait - et à plus grande échelle - de la puissance publique quand elle a voulu percer de larges
avenues ou aligner de vieilles rues pour régulariser la ville. Toutefois, les pioches n'ont pas
toujours été guidées par des nécessités lucratives ou urbanistiques. Ce sont parfois des symboles
qu'on a voulu renverser. La démolition de la Bastille est le premier acte de la Révolution. D'autres
suivront, même si les hommes de 1789 n'abattent finalement que peu d'édifices. La Commune
détruit pour sa part sans délai, commençant par la maison de Thiers, figure versaillaise honnie
entre toutes, et finissant par les Tuileries, dont les ruines resteront longtemps exposées.
S'appuyant sur une iconographie riche et spectaculaire, Pierre Pinon dresse le sombre bilan des
démolitions parisiennes et retrace les étapes de l'émergence d'une conscience patrimoniale.