Le cri du silence

Le cri du silence
Jean élève seul son fils adolescent. La raison : un drame familial sous-jacent. Le jeune homme ne communique plus avec son père malgré tous les efforts de celui-ci pour s'en sortir. C'est l'histoire d'une lutte permanente pour la vie où la douleur plane comme une épée de Damoclès sur leurs têtes, prête à tout faire basculer d'un instant à l'autre. L'histoire oscille entre points de vue omniscient, externe et interne, discours rapportés et ellipses afin de cerner l'ampleur des enjeux de la subjectivité, celle d'un père qui perçoit le comportement de son fils à travers le regard de la culpabilité. Dans cette oeuvre, l'auteur a voulu travailler les caractéristiques d'un courant peu représenté en France, l'expressionnisme littéraire.
Extrait : Dans l'enfance oubliée, il avait laissé le bonheur secret d'un monde où rien ne pourrait lui arriver. La force de son père l'avait protégé de tout malgré la dureté de ses actes et de ses mots. Il revoyait sa mère, son frère et sa soeur, leurs éclats de rire, leurs bêtises innocentes, les chemins de l'école, les premières amours platoniques, l'émancipation. Cependant, il y avait aussi le colosse tyrannique, ses mains d'acier, son cynisme, sa froideur, son indifférence, sa violence, il y avait aussi la peur, le tourment, les hantises, les sermons inachevés terminés par les coups, les traumatismes et les regrets. Du fond de la nuit, le regard de son père se posait toujours sur lui, et il voulait fuir le monde en s'échappant de la vie. Le paradis perdu ne reviendrait pas, et les douleurs récentes creusaient les blessures qu'il n'avait jamais pu guérir. Nathan était là, au coeur de cette plaie sans fin, alimentée par les drames des existences trop tôt disparues.