La philosophie de Lao Zhang

Toute la philosophie de Lao Zhang se résume en
un mot : l'argent. Si l'Harpagon de Molière se
contentait de rationner ses invités et d'affamer ses
chevaux, Lao Zhang s'affame lui-même et ne se remplit
l'estomac qu'aux frais d'autrui. Il change de religion
en fonction du prix de la viande. De toute sa vie, il
n'a pris que deux bains, et nul ne peut prédire quand
viendra le troisième. Inflexible envers ses débiteurs, il
exige qu'ils lui donnent leur fille en paiement de leurs
dettes... Avec un humour étincelant, Lao She raconte
les méfaits, combines et exactions de cet impitoyable
maître d'école qui a troqué les préceptes de Confucius
pour une cynique impudence.
La Philosophie de Lao Zhang est le premier roman de
Lao She. Dans cette oeuvre, qu'il situe «probablement»
entre 1919 et 1923, Lao She aborde nombre de thèmes
qu'il reprendra plus tard - la condition féminine,
les abus de pouvoir des fonctionnaires - et lâche
allègrement la bride à sa verve satirique qu'il exercera
à maintes reprises à l'encontre de la société chinoise.
Ce roman resté toujours inédit en France est la
première pierre de ce monument qu'est Lao She.