Autour des Diaboliques de Jules Barbey d'Aurevilly : et autres pages extraites du manuscrit des Disjecta membra

Autour des Diaboliques de Jules Barbey d'Aurevilly : et autres pages extraites du manuscrit des Disjecta membra

Autour des Diaboliques de Jules Barbey d'Aurevilly : et autres pages extraites du manuscrit des Disjecta membra
Éditeur: Point de vues
200817 pagesISBN 9782915548259
Format: BrochéLangue : Français

Descendant d'une vieille famille du Cotentin anoblie au XVIII<sup>e</sup> siècle, Jules Amédée Barbey naît le 2 novembre 1808 à Saint-Sauveur-le-Vicomte, près de Valognes où il passe ses années de collège. Après des études de droit, il s'installe en 1833 à Paris et c'est dans ce qu'il appellera son « tourne-bride de sous-lieutenant » de la rue Rousselet qu'il mourra le 23 avril 1889.

Animé d'ambitions à la fois mondaines, politiques et littéraires, il se cache sous des toilettes remarquablement excentriques, se forgeant une allure de dandy aux cannes et à la redingote vite célèbres. Son traité Du dandysme et de George Brummell (1845) en fixera définitivement le type, brûlant du même coup la politesse à Baudelaire. Très brillant causeur, séducteur, il fréquente les salons et croise de nombreuses silhouettes originales qui peupleront son oeuvre.

Collaborateur, au verbe haut et provocant, de multiples journaux dans lesquels il assurera pendant cinquante ans les rubriques politiques ou littéraires, la revue théâtrale, la critique d'art ou la chronique des modes, il dégage souvent un parfum de scandale, « détestablement personnel, adorablement méchant, spirituel comme un mauvais diable, au fond bon diable, avec d'immenses erreurs, des préjugés sans nombre d'idées et de personnages » selon Verlaine. Éreintant Hugo et Michelet, Sainte-Beuve autant que Zola, Renan ou le Flaubert de L'Éducation sentimentale , il est aussi l'un des seuls à défendre Les Fleurs du mal et l'oeuvre de Balzac bassement attaquée par La Revue des Deux-Mondes .

Vie à deux faces, celle du polémiste, celle de l'écrivain. Car mondanités et agitation publique ne l'empêchent pas d'écrire et de publier des romans dont plusieurs sont des chefs-d'oeuvre - Une vieille maîtresse (1851), L'Ensorcelée (1852), Le Chevalier des Touches (1864) ou Un prêtre marié (1865) - tout en travaillant à ce qui allait devenir son oeuvre la plus fameuse, Les Diaboliques . Le recueil de « ces prodigieuses histoires d'amour, de haine ou de mensonges » sera, à sa parution en 1874, poursuivi par le Parquet. Suivront Une histoire sans nom (1882) et Une page d'histoire (1886). À partir de 1870, il collationne et regroupe ses articles, s'entoure de jeunes amis déférents : Léon Bloy, le Sâr Péladan, Paul Bourget, François Coppée, Huysmans, Mirbeau, Octave Uzanne, Jean Lorrain, qui le peindra sous les traits de M. de Bougrelon .

« Les Diaboliques , c'est la floraison du génie de Barbey d'Aurevilly : si elles étaient de Balzac, elles seraient le chef-d'oeuvre de Balzac. (...) L'auteur des Diaboliques et de L'Ensorcelée possède le vrai caractère du romancier, caractère très rare : il s'intéresse très profondément à la vie ; et cela le rattache encore à Balzac. Pour eux, les amours des hommes, leurs gestes, leurs paroles, sont des choses sérieuses, même quand elles sont bouffonnes. La société est leur absolu » analysait Remy de Gourmont. Et sous la plume de Barbey d'Aurevilly naît un univers étrange, habité de figures à la fois familières et inquiétantes, traversé par des forces occultes, peuplé d'objets qui disent la folie des hommes. C'est la lande de Lessay, soudain vénéneuse et souillée du sang de la Clotte, c'est le pas pressé d'un prêtre sur le pavé de Valognes, c'est un rideau cramoisi, encore frissonnant du crime qui s'est accompli dans son ombre, autant de visions qui ne cessent de hanter le lecteur...

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