Jean Vigo, un cinéma singulier

Jean Vigo, né en 1905, a été marqué durablement par son
enfance, placée sous le signe de la tragédie. Il a 12 ans, en
août 1917, lorsque son père, ancien militant anarchiste
meurt dans des conditions dramatiques à la prison de
Fresnes, où l'a conduit une affaire de trahison. «Fils de
traître», Jean vit désormais dans une semi-clandestinité
dont il ne sortira que dix ans plus tard, hanté par le souvenir
de son père et l'obsession de le réhabiliter.
Malgré la maladie, il s'oriente résolument vers le cinéma
et lui donnera, en cinq ans, une oeuvre fulgurante. Quatre
films, totalisant moins de trois heures de projection, qui
portent les marques de la fièvre et de l'intensité qui ont
caractérisé sa vie. Jean Vigo meurt des suites de sa
tuberculose chronique à 29 ans, en octobre 1934.
Avec L'Atalante et Zéro de conduite , remarquables par leur
poésie et leur esprit de révolte, l'oeuvre de Jean Vigo
demeure l'une des plus singulières et des plus attachantes
du cinéma français, représentative d'un cinéma «à la
première personne», exemplaire, intact.