Tito, amor mijo

Tito, amor mijo

Tito, amor mijo
2016201 pagesISBN 9782954284545
Format: BrochéLangue : Français

Tito, amor mijo , paru en 2005,

est tout à la fois un roman

d'apprentissage, un roman

d'amour et un roman d'histoire.

Entouré d'adultes dont il essaie

de comprendre les contradictions,

imprégné de noirs récits liés

à la Seconde Guerre mondiale

encore très proche - nous sommes

à Trieste à la fin des années

soixante -, le jeune narrateur pose

des questions qui ne sont jamais

innocentes. Son regard, parfois

cruel, est cependant toujours

empreint d'une grande poésie.

«Cher ange gardien, fais que toutes les pharmacies

manquent de vicks, parce que maman m'en badigeonne

le dos et la poitrine tous les soirs. Elle croit que le vicks

va chasser l'ombre qui est sur mes poumons. Je veux que

l'ombre qui est sur mes poumons reste dessus parce que

comme ça je verrai de nouveau Alina à Laze, près de la

rivière qu'on appelle tout bas Nediza. Fais que madame

Slapnik m'apprenne à bien parler le slovène. Elle, elle sait,

parce qu'elle est arrivée avec son mari de Yougoslavie. J'ai

peur de son mari, parce que oncle Albert dit qu'il a du sang

sur les mains. Fais que je comprenne pourquoi il a du sang

sur les mains et que je n'en aie plus peur. Fais que je puisse

participer à l'excursion qu'organise l'école pour que je

puisse voir la République de Slovénie, dont tout le monde dit

que c'est ma patrie. Une petite patrie dans la grande patrie

de la République socialiste fédérative de Yougoslavie. Fais

que je comprenne ce qu'est la patrie parce que oncle Albert

dit que notre patrie, c'est toute la Yougoslavie, alors que

madame Slapnik dit que notre patrie, c'est seulement la

Slovénie, et maman dit que nous sommes des Slovènes qui

vivons en Italie et que nous avons deux présidents, monsieur

Saragat et le maréchal Tito, qui n'est pas un monsieur

mais un camarade. Oh, que je n'oublie pas : fais que je

comprenne qui est ce monsieur avec un grand chapeau de

paille que je n'avais jamais vu avant et qui se tient toujours

près du kiosque à journaux. Pourquoi ? Amen.

J'éteins la lampe et, dans mes pensées, je vois la mer, qui

est là-bas, de l'autre côté de la colline. Bleue et profonde.»

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