Problèmes politiques et sociaux, n° 897. Le mouvement altermondialiste

L'altermondialisme est un thème de plus en plus connu du grand
public, ainsi qu'en a témoigné le retentissement du Forum
social européen qui s'est déroulé en région parisienne en
novembre 2003. En France, ce sont les figures de José Bové ou
d'ATTAC qui semblent incarner cette mouvance dénonçant les effets
négatifs de la «mondialisation libérale», souvent perçue comme
une nébuleuse de la gauche radicale. La réalité est, en fait, bien plus
complexe puisque, par exemple, des syndicats ou de grandes ONG,
y compris d'obédience religieuse, appartiennent aussi au mouvement
altermondialiste.
L'objectif de ce dossier est de présenter la diversité de ce mouvement
dont les positions peuvent être très différenciées selon les
organisations, d'en décrire les composantes, en France et dans le
monde, et d'analyser leurs actions, dont les plus emblématiques
sont peut-être la campagne Jubilé 2000 pour l'annulation de la
dette des pays les plus pauvres ou le boycott de l'entreprise Nike
en signe de protestation contre l'emploi d'une main-d'oeuvre à faible
coût dans ses usines délocalisées. L'analyse des alternatives
proposées par les altermondialistes montre, par ailleurs, que pour
le moment celles-ci ne visent souvent qu'à réaffirmer des principes
anciens en les adaptant au nouveau contexte de la mondialisation.
Les questions posées par ce mouvement n'en demeurent pas
moins fondamentales face au sentiment d'insécurité et de dépossession
généré par la mondialisation et le «choc de l'ouverture»
qu'elle représente pour de nombreuses sociétés, en particulier
pour les catégories socialement et culturellement les plus défavorisées.