Alfred Stevens : 1823-1906, Bruxelles-Paris

Après ses études à l'Académie royale des
Beaux-Arts de Bruxelles, Alfred Stevens
(1823-1906) s'installa à Paris. Il y évolua
avec aisance dans l'univers virevoltant
du Second Empire et de la fashion victim
qu'était l'impératrice Eugénie, avant de
s'intégrer dans les salons feutrés de la
III<sup>e</sup> République. Il développa très vite un
talent unique pour le rendu de la soie, du
cachemire, du velours et de la mousseline,
qui flamboyaient dans ses évocations
de femmes de la bourgeoisie, vêtues de
robes chatoyantes et évoluant dans des intérieurs à l'aménagement exotique. Des femmes élégantes parées de
châles en cachemire, qui chiffonnent nonchalamment un billet doux ou abandonnent un mouchoir en dentelle.
Alfred Stevens les a représentées avec leurs gestes, leurs névroses et leurs caprices, tout en magnifiant leurs robes
fastueuses, et en chargeant de sous-entendus leurs rubans moirés et leurs éventails exotiques.
Alfred Stevens comptait la fine fleur du monde artistique et littéraire parmi ses amis intimes, de Charles
Baudelaire à Sarah Bernhardt en passant par Alexandre Dumas fils, Édouard Manet et Edgar Degas. Il admirait
Delacroix et Vélasquez, ce qui ne l'empêchait nullement d'apprécier particulièrement les anciens maîtres hollandais
tels Vermeer et Ter Borch, chez qui il puisa l'inspiration de ses intérieurs baignés de subtils jeux de lumière.
Après plus de quatre-vingts ans d'absence, Alfred Stevens nous revient dans toute sa splendeur par
le biais d'une rétrospective de ses plus belles oeuvres nous replongeant dans les cercles mondains du Paris de
Haussmann et les raffinements de la haute société du dix-neuvième siècle.