Divagations : prosèmes. Ahellil n tira

Les «Divagations», composées de proses et de poèmes que
l'auteur (Mhamed Hassani) qualifie de «prosèmes» sont nées de
l'euphorie de l'après «Octobre 1988», cette bourrasque qui a libéré
toutes les énergies du bien et du mal, pour déferler sur une Algérie
prise en otage par ses libérateurs.
Cette euphorie est allée en se désintégrant. Le droit à la liberté
englobe-t-il la liberté de tuer au nom d'une illusion, d'une idée ou
d'une religion ? «J'ai survécu à toutes les tentatives d'assassinat
civilisé en usant de mes réserves de primitif»
À travers des séances d'écriture, le poète s'emmêle dans sa
culture ancestrale (Berbère) qui cherche, elle aussi, sa part de
modernité dans un monde où les êtres humains sont pressés
d'arriver. «Quand je pense à toutes ces années d'usure, je ne peux
que redoubler de lucidité dans ma folie enregistrée auprès de tous
les services d'ordre».
Pressés pour aller vers où ? Le poète s'aventure dans un futur
probable où la forme se libère de l'enjeu. «Ni roi ni reine ; un couple
d'asexués bouclera le cycle humain et la machine prendra la relève
jusqu'au retour promis...».