Souci

Propriétaire de l'élégant château de Souci, sur les bords de la
Loire, M. de Villebourg doit pourtant faire face, en 1814, à des
difficultés financières, dues à la fois à la chute de l'Empire, aux
menées d'un riche voisin et aux folies de son épouse qui, ne
voulant rien voir de leur ruine inévitable, multiplie les dépenses
en vue de marier richement leur fille, Henriette. De son côté, la
jeune fille doit supporter la présence de soupirants hypocrites
ou ridicules qui ne voient dans ses yeux que le reflet du château
et ajustent leurs sentiments à la fortune qu'ils lui supposent.
Esprit vif, elle ne songe qu'à railler cette cour frivole, jusqu'au
moment où un créancier inattendu revendique la propriété de
Souci. Bien qu'elle s'en défende, Henriette ne peut s'empêcher
d'éprouver autre chose que de l'aversion pour celui qui, malgré
les apparences et le rôle ingrat qu'il doit tenir, fait preuve d'une
attention sincère et de sentiments délicats. Son trouble évolue
en un attachement véritable, d'autant plus douloureux qu'il est
en conflit avec les intérêts de sa famille et sa fierté.
«Trouvez-lui plutôt des défauts ; cela donnerait une excuse à
mon amour-propre.»
Au fil du temps, l'attribution du château devient une véritable
affaire d'État, au point de remonter jusqu'au roi Louis
XVIII, contraint d'envoyer en Touraine son favori, le cardinal
de Chamblay, afin de «discuter avec tout ce petit monde et,
là, d'entrechats en propos de salon, entre deux verres, ploum,
ploum, de régler cette ambassade au mieux des intérêts des uns
et des autres».
Le cardinal pourra-t-il apaiser les passions et trouver une solution
équitable ? Henriette saura-t-elle faire un choix raisonnable parmi
cette «infinité de maris» qui recherchent sa main ?