L'âne et l'abeille : le monde animal dans les énigmes et les comptines kabyles. Ayyul d tizizwit : timsaEraq d tihgenga di tudert isegla

L'âne et l'abeille : le monde animal dans les énigmes et les comptines kabyles. Ayyul d tizizwit : timsaEraq d tihgenga di tudert isegla

L'âne et l'abeille : le monde animal dans les énigmes et les comptines kabyles. Ayyul d tizizwit : timsaEraq d tihgenga di tudert isegla
Éditeur: L'Harmattan
2016124 pagesISBN 9782343078694
Format: Broché

Pourquoi «L'âne et l'abeille» ? C'est le titre d'une comptine. Ces petits

chefs-d'oeuvre de la littérature orale sont chantés quotidiennement par les

enfants avec verve et enthousiasme. Chaque comptine possède un titre

évocateur de choses et d'événements de la vie. Les animaux et les oiseaux

ainsi que les insectes ont toujours servi aux jeux des enfants à travers le

profond respect porté par les anciens Kabyles à la nature (tarwest). Le

dicton est clair ; la mère-terre est sacrée ainsi que tous les éléments qui

constituent la sève de la nature, à commencer par l'eau et l'arbre de vie,

«le frêne cosmique» (Taslent tademGammait) : «C'est sur la nature que toutes

les choses de la vie reposent !» (Af terwest kullec i'gress !) De la

comptine de l'abeille et de la coccinelle en passant par celle de la cigogne

ou «la comptine du lion, du chat, de l'âne et de l'abeille», on ne peut

échapper à l'importance que revêt la nature à nos yeux d'enfants : Elle

faisait partie de nous-mêmes ; elle était sacrée. Les anciens Kabyles

prêtaient la vie et la sauvegarde de l'humanité aux insectes, aux oiseaux et

à tous les autres êtres vivants. De l'arbre de la création jusqu'à la fleur,

«tous les êtres non humains» - mais qui sont considérés comme tels -

sont racontés, dits et chantés à travers toute la littérature orale et

notamment les comptines et les chantefables. L'abeille est considérée

comme l'une des mères du monde naturel et de l'humanité. Elle est le

symbole de la vie et de la sauvegarde de l'harmonie dans les univers

végétal, animal et humain. L'âne, animal modeste et travailleur, a

participé à la construction et à la vie des autochtones que sont les

Kabyles. C'est ainsi que son nom est cité dans toutes les prières

ancestrales des Anciens.

Nous chantions aussi beaucoup car, grâce à sa langue maternelle, l'enfant

vit en pleine sécurité psychique. Un dicton dit : «Qui a une langue se sent

en sécurité !» (Win isEpsilonan iles, yetwennes !) L'enfant ne saurait être

heureux sans utiliser sa langue maternelle à l'école. Quand une langue ne

se parle plus, son peuple cesse d'exister.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)