Des morts, des vivants et des choses : ethnographie d'un village de pêcheurs au nord de Madagascar

Cette ethnographie est issue d'un travail de terrain dans le territoire
des Antankarana. Elle traite de pratiques locales de résistance liées au
développement de la pêche crevettière dans la baie d'Ambaro, au nord-ouest
de Madagascar. Sorcellerie, tabous et culte de possession maintiennent les
formes du pouvoir ancestral sur un territoire dit sacré par les autochtones
notamment en raison d'événements historiques. L'ethnographie s'appuie
sur une diversité d'approches (anthropologie des émotions, religieuse,
politique et économique) afin de dépeindre dans une visée holistique la
culture étudiée. Dans la communauté récente d'Ambavan'ankarana, les
Antankarana et les immigrants, issus de régions et de traditions diverses,
sont en quête des bénéfices engendrés par la valorisation de la pêche et
l'abondance de la ressource marine. Mais tous les résidents ne partagent
pas la valeur sacrée de ce site. Cette étude révèle une gestion locale et
régionale du rapport d'altérité, de la transmission du savoir ainsi que du
lien dialectique entre le local et le global. Garantes de la bonne entente
entre les ancêtres et les vivants, les femmes sont des actrices de premier
plan dans les transformations identitaires de leur communauté. Cette
ethnographie se démarque par l'intégration des relations intersubjectives
entre l'observateur et l'observé, dévoilant les aléas du travail de terrain.