Playgirl : docu-fiction

L'AUTHEUR. Emmanuelle Jowa
C'est en réalisant un jour que Terry Jones, pianiste dévêtu des Monty Python, était in the flesh, en dépit d'un visage plâtré et d'une crinière odieusement teinte, que cette grande amoureuse en rêves s'avoua des attirances physiques plus larges que prévu. Il y avait déjà une fascination troublante pour Hercule Poirot, Nicolas Sarkozy ou les chefs de village des Club Med. Mais la collection s'amplifiait soudain à l'infini, la forçant à creuser la face occultée de son existence jusque là gentiment déchirée entre Belgique à papa et rock'n'roll affligeant.
LE SUJET. Obsessions en boucle
A travers les portraits indirects des nouvelles pornographes, apparaissent, dans une docufiction éclatée, les troubles compulsifs d'une rêveuse désordonnée. Qui déballe son attrait pour un chapelet de mâles rustauds, vilains, pompeux, modestes, grotesques ou béotiens. Qui se lance dans l'énumération de proies fictives, de conquêtes lâchement planquées derrière le paravent commode des fantasmes récurrents.
LES PERSONNAGES. Millet, Despentes and co
Outre les aventures en boucle d'une antihéroïne au parcours obsessionnel, Playgirl évoque les Breillat, Cusset, Gassel, Angot, Anderson and co. Ces dames de la hot littérature trempent leur plume dans la salive, la sueur et le sang, écrivent en français dans le sexe à force de mots crus, charnus, pelés à vif. Mais entre Virginie Despentes, l'allumeuse trash, et Catherine Millet, la serial loveuse, il y a un monde qui hante madame tout le monde...