Les rois fous

Le pouvoir fascine, la folie aussi. Que dire d'un pouvoir absolu
exercé par un fou ? L'histoire compte plusieurs monarques
atteints de graves désordres mentaux. Comment les
contemporains vivaient-ils la folie de leur souverain ?
Retraçant le parcours de neuf rois et reines fous de l'Antiquité au
XIX<sup>e</sup> siècle, Claude-Henry du Bord nous plonge dans les abîmes de
l'autocratie aux prises avec la démence.
Ainsi, Caligula, l'empereur romain, qui s'entretenait avec un
fantôme venu de la mer et terrifiait ses maîtresses en menaçant de
les décapiter. Le roi de France Charles VI qui, en pleine guerre de
Cent Ans, prétendit s'appeler George, dansait de façon obscène et
si désordonnée qu'il fallait murer les fenêtres pour éviter qu'il ne
passe au travers. Jeanne de Castille qui, littéralement folle d'amour
pour son mari, Philippe de Habsbourg, refusera de se séparer de
sa dépouille et finira internée pendant quarante-neuf ans. Ou
encore l'empereur Ming Hongwu, fondateur de la dynastie Ming,
si paranoïaque et cruel qu'à la veille de mourir, il fit exécuter
tout son entourage afin qu'aucun témoin direct ne puisse rapporter
ses exactions.
Toujours romanesques, ces destins posent une question lancinante :
le pouvoir absolu favorise-t-il les névroses et la rage meurtrière ?
Ou la folie serait-elle un précieux adjuvant pour qui veut détenir le
pouvoir suprême ?