Les droits de l'enfant : une fausse bonne idée ?

«Dans mon quartier, à Tucuman (Argentine), un enfant de dix
ans a été expulsé de l'école parce qu'il s'était drogué, un autre de
douze ans a été tué d'une balle dans la tête par un voisin parce qu'il
l'avait volé. La police, chaque week-end, fait des descentes dans nos
maisons. Les habitants du quartier sont presque tous armés. Nous
avons peur de nos enfants. Alors de quels droits me parles-tu ?»
Ces paroles sont celles de Mirta qui lutte depuis vingt ans au sein
de l'association Crecer Juntos pour trouver de quoi nourrir les enfants
des quartiers pauvres de Tucuman.
Vingt années, c'est aussi l'âge anniversaire de la Convention des
Droits de l'Enfant censée protéger tous les enfants du monde.
Les enfants du monde entier peuvent-ils espérer de cette législation
novatrice un changement radical dans leur vie quotidienne ?
De quels droits leur parle-t-on lorsque l'on fait référence à la
Convention ? Quel pays peut aujourd'hui garantir que ses enfants
soient élevés dans «un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de
liberté, d'égalité et de solidarité» pour reprendre les termes des
Nations Unies ? Quel juriste peut assurer que les multiples outils de
protection des droits protègent réellement les enfants ? Que pense
un enfant, si au lieu de le soigner, on se contente de lui dire qu'il a
droit à la santé ?
Cet ouvrage prétend apporter des pistes de réflexion à tout ceux
qui s'intéressent à la cause des enfants.