Le colonel Chérif Cadi : au service de l'Islam et de la République

Hadj Chérif Cadi, modeste berger des environs de Souk Ahras, devenu le
premier polytechnicien algérien, fut à la veille du second conflit mondial
une personnalité marquante de la société algérienne de l'entre-deux-guerres.
Officier d'artillerie, il participa en 1916, en même temps que T.E Lawrence, à la lutte
contre les Turcs installés au Hedjaz. Au cours de cette expédition militaire à laquelle
participaient de nombreux militaires algériens, Cadi n'eut de cesse de s'interroger
sur l'évolution de l'Islam.
Rendu à la vie civile, il voulut dans «Terre d'Islam, essai et relation de voyage»,
concilier les dogmes essentiels du Coran avec les acquis du monde moderne, et
notamment ceux de la société française. Ceci justifiait son attachement à la
République et son souhait d'associer le destin de son pays natal à sa patrie d'adoption.
Dans cet essai biographique, Jean-Yves Bertrand-Cadi, l'un de ses
descendants, décrit sous forme de fresque les premiers soubresauts de l'Algérie en
marche vers son indépendance et analyse les difficultés d'insertion des très rares
officiers algériens dans la société militaire du début du vingtième siècle. C'est une
manière de répondre à la question que ces hommes se posaient : pouvaient-ils échapper
à leur origine, et donc à leur destin ?