Karakorum. Vol. 1. Un joyau de l'Inde moghole : le mausolée d'Itimâd ud-Daulah

Karakorum. Vol. 1. Un joyau de l'Inde moghole : le mausolée d'Itimâd ud-Daulah

Karakorum. Vol. 1. Un joyau de l'Inde moghole : le mausolée d'Itimâd ud-Daulah
2003192 pagesISBN 9788874390397
Langue : Français

À Agra, se dresse un mausolée de marbre blanc aux murs constellés

d'incrustations de pierres semi-précieuses et ornés de peintures

raffinées. Moins grandiose et moins renommé que le célèbre Tâj

Mahal (1632-1643), le mausolée d'I'timâd ud-Daulah n'en est pas

moins l'un des joyaux incontestés de l'art moghol du XVII<sup>ème</sup> siècle.

Le mausolée fut érigé à l'extrême fin du règne de l'empereur

Jahângîr (1605-1627) et achevé en 1628. L'épouse de Jahângîr.

Nûr Jahân, le fit élever pour abriter les dépouilles mortelles de son

père Mîrzâ Ghiyas Beg et de sa mère. Persan d'origine, Mîrzâ Ghiyas

Beg était entré au service de l'empereur Akbar. Avec l'accession au

trône de Jahângîr, et le mariage de l'empereur avec sa fille Nûr Jahân

en 1611, le pouvoir et le prestige de Mîrzâ Ghyas Beg ne cessèrent de

croître. Elevé au rang de Premier ministre par le souverain, Mîrzâ

Ghiyas Beg se vit en outre gratifié par l'empereur du titre prestigieux

d'I'timâd ud-Daulah, «le Pilier de l'Etat».

Préfigurant l'incomparable Tâj Mahal, le mausolée d'I'timâd

ud-Daulah révèle un certain nombre de partis pris architecturaux

ou décoratifs appelés à connaître, sous le règne de Shâh Jahân, une

éclatante faveur - tels le revêtement de marbre blanc couvrant la

surface totale du bâtiment, les tourelles d'angle se muant en minarets,

la profusion et la richesse des incrustations de pierres semi-précieuses

se déployant en d'éclatantes marqueteries polychromes

sur la blancheur opaline des murs ou encore la prédilection pour

les bouquets et les motifs floraux. Bâti au sein d'un vaste jardin

symétrique aménagé suivant le modèle persan du jardin quadripartite,

le mausolée d'I'timâd ud-Daulah dresse vers le ciel quatre

tours d'angle coiffées de petits kiosques hypostyles. Les murs extérieurs

du mausolée s'ornent de délicates incrustations de pierres

polychromes - onyx, jaspe, topaze, agate ou cornaline - affectant

la forme de ramures, de pampres, de fleurs, de cyprès, de vases et

d'aiguières ou reproduisant à l'infini divers motifs géométriques.

Encore plus spectaculaire est son ornementation intérieure, où la

peinture s'allie aux délicates marqueteries de pierre. Murs, plafonds

et niches s'ornent de peintures murales et de reliefs de stuc peints et

sculptés en une combinaison de couleurs éclatantes où dominent les

ocres, les rouges et les verts. Les motifs peints reprennent des motifs

traités en incrustations de pierres polychromes : arbres d'essences

diverses, vases emplis de fleurs et de feuillages, pampres et grappes de

raisins, mais aussi coupes débordantes de fruits et plateaux remplis de

grenades - motifs qui tous constituent autant de symboles, de métaphores

et de contrepoints visuels aux descriptions coraniques évoquant

les splendeurs et les délices promis aux Elus accueillis dans le

Jardin d'Eden.

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