Joueurs

D'un écrivain désormais célèbre aux États-Unis, voici le
roman qui fit sensation à la fin des années soixante-dix
parce qu'il mettait en évidence, selon le mot de John
Updike, de «sinistres ambiguïtés» de la société américaine.
Roman qui, aujourd'hui, pourrait attester l'art du
pressentiment chez les grands romanciers, puisque l'attentat
commis contre le World Trade Center de New York
est venu presque comme une confirmation de la trame
imaginée par Don DeLillo dans Joueurs. Ses héros,
Pammy et Lyle Wynant, un couple moderne sur le
point de se séparer, en viennent en effet à croiser, dans
leurs évolutions, un groupe de terroristes. Mais conciliabules
et obsessions sexuelles font d'eux des «joueurs»
aveugles et impuissants dans une spirale qu'ils ignorent
et qui risque pourtant d'engloutir tout un pan de la
société américaine.
Joueurs montre, de sang-froid mais avec une magistrale
autorité, et presque avec insolence, l'écart sans cesse
croissant entre la vie et le sens que peut lui donner une
société à la dérive. Le temps écoulé depuis sa première
parution aux États-Unis n'a cessé d'en souligner l'angoissante
pertinence.