Les chevaliers des Cévennes : la ligne SNCF Alès-Langeac au temps de la vapeur

Rotondes bruissantes, locomotives au souffle puissant, crachant
des torrents de fumée âcre, roues énormes, bielles luisantes de
graisse, martèlement cadencé de trains se perdant dans l'infini, chocs
de tampons, signaux et sémaphores lumineux, lessives de bleus de
chauffe séchant au soleil ou se balançant au vent, [...], tous ces souvenirs
échappent, selon l'émotion du moment, au temps de mes jeunes
années.
Et, si d'aventure, au cours d'une promenade à travers les admirables
paysages de cette rude et splendide terre cévenole, mon regard
découvre des rails luisants s'accrochant, dans la châtaigneraie, à la
pente escarpée ou se glissant discrètement le long des eaux tumultueuses
de l'Allier, des silhouettes, vêtues de bleu, sortent de l'ombre du
passé et s'avancent, grandissantes, dans la lumière vive du présent : à
bord de leurs locos, dans les dédales des dépôts, sur les chemins de la
vie, les Chevaliers des Cévennes s'animent et me parlent de trains et de
machines à vapeur.
Hommes intègres et courageux, cheminots d'une haute conscience
professionnelle, ils ont d'une plume trempée dans la peine et la sueur,
écrit une des plus belles pages de l'histoire de cette magnifique ligne
des Cévennes : Alès-Langeac.
Raymond Fayvaisse évoque avec émotion et lyrisme, tout au
long de cette ligne SNCF, au temps de la vapeur, la succession des
ouvrages d'art, viaducs et tunnels, les paysages traversés, les usages
cévenols, l'importance des mines dans l'économie de cette région
marquée par son histoire, et la noble et rude vie des roulants.
Il a su écouter les témoignages d'anciens cheminots et nous les
transmettre avec respect.
Son texte s'illustre de nombreuses photos.