Crossing the Williamsburg bridge

«Après avoir vaqué au minimum vital, pipi, couche,
fringues, un peu d'ordre, j'ai griffonné un remerciement sur
le tableau blanc de la cuisine, et je suis sorti avec douceur.
Il était un peu plus de sept heures, le quartier appartenait
encore aux éboueurs, aux flics, quelques taxis, la cohorte
des sans-abri. L'air avait cet éternel petit goût de crasse
sèche, mais le soleil brillait, ma respiration envoyait de
petits signaux indiens, et l'un dans l'autre, au moins jusqu'au
métro, ce n'était pas pire qu'un matin tôt à Paris.»
Alors que rien ne va plus dans sa vie, un homme seul avec un bébé
décide de partir tenter sa chance aux USA. Il rêve d'une vie meilleure
et désire voir si, comme il croit depuis sa plus tendre enfance, l'herbe
est plus verte outre-Atlantique. Ce voyage, quasi initiatique, permet
à Sholby de porter un regard doux-amer sur le monde, la société
américaine et la notre par reflet. Le rêve américain démythifié,
jamais caricaturé, au service d'un univers singulier où la solitude et le
désenchantement rivalisent avec l'humour et la poésie. Un métissage
improbable entre le romantisme de Chateaubriand et la force d'un Raymond
Carver au plus haut de son talent.