Schelling

La pensée de Schelling, en ses transformations et l'inflexible fidélité à soi-même qui les
commande, est la tentative d'une expérience radicale et totale du sens. Penser, c'est bien,
à chaque fois, librement, faire l'expérience du sens, de la vie du sens, selon toute la nécessité
de son déploiement. Expérience radicale, dont l'exigence initiale est bien de commencer
avec le commencement, mais expérience totale, qui va, résolument, jusqu'au bout du
chemin : de la radicalité de l'absolu commencement à l'intensité d'une présence absolue,
de la volonté à l'esprit, de la décision à l'amour. Sur ce chemin la raison, dans son affirmation
infinie de soi, cherche à rejoindre l'affirmation infinie de l'être. Schelling aura tenté
d'accomplir la philosophie, le vouloir de la sagesse, comme cette pensée la plus libre, la
plus affirmative, de l'affirmation absolue.
Toute une vie, en lui, s'est ainsi dédiée à l'affaire la plus haute de la pensêe : la méditation
de la liberté - en sa finitude, en sa souveraineté absolue.