Lent, douloureux, triste et grave. Silences à écouter. Les passerelles de l'hiver

Yasmina de rêve
était entrée dans sa tête à pas de velours comme on entre chez soi après
une longue absence. Elle regardait par ses yeux. Parfois c'était lui qui
regardait par les siens. Ainsi ils mêlaient leurs sens. Ils se mêlaient de
ce qui ne les regardait pas et aussi de ceux qui ne les regardaient pas.
Yasmina chérissait les déserts surtout les siliceux aux cieux blancs avec
traces de vent, de sel et d'ombre. Yasmina courtisait les odeurs de
menthe et celles des aubes marines.
Yasmina gourmandait les fêtes foraines, essentiellement les acidulées
indéniables, c'était comme ça... Mais elle célébrait l'olivier millénaire,
la floraison des cactées et l'espace vital entre deux idées.
Il ne pouvait lui en vouloir...
Yasmina d'amour se plaisait dans sa tête. Il était heureux qu'elle y soit,
et heureux qu'il en soit ainsi.
Ce fut en ces temps de citrons mûrs, de nuits entoilées et de matins
offerts qu'il arrêta prestement de tirer la taquée, rangea au placard le
pèse-esprit et stoppa net la bistouille.
Il reprit la plume et s'envola, Yasmina en tête...
Yasmina de rêve et d'amour