Le train

« On referma la porte coulissante, celant l'étreinte, les mots
échangés, les silences. »
À quai ou en mouvement, le train trace une ligne horizontale
qui pourrait bien se courber sur la terre, à distance du ciel,
des paysages traversés, des rêveries, proche du roulis et du
cliquètement des rails, figeant, dénouant, transgressant
temps et espace.
Il y a ceux qui l'attendent, l'oeil rivé au cadran des horloges,
ceux qui l'attrapent au vol pour fuir vers des terres inconnues,
ceux qui le quittent précipitamment. On l'attend souvent,
longtemps, on le redoute, comme on guette son destin.
Six nouvelles qui nous mènent vers la mer d'Azov, Kiev,
Perpignan, peut-être, ou plutôt vers les territoires intimes
de leurs personnages hantés par les remords, les craintes, les
regrets, la souffrance, la nostalgie d'une époque révolue et
habités par cette liberté unique offerte par le temps du train.