La Cour suprême du Brésil et l'Etat démocratique de droit : contribution à une théorie de la démocratie réflexive

La Cour suprême du Brésil
et l'« État démocratique de droit ».
Contribution a une théorie de la
démocratie réflexive
Depuis l'adoption de la nouvelle Constitution
démocratique du Brésil en 1988, la Cour suprême
joue un rôle de plus en plus significatif au sein
du système politique brésilien. Constamment
sollicitée pour contrôler la constitutionnalité des
lois, le renforcement de ses attributions en matière
de contentieux constitutionnel fait aujourd'hui de
la Haute juridiction un organe législateur partiel
participant aux côtés du chef de l'État et du
Congrès, à la formation de la volonté générale.
De telle sorte que, à l'instar de nombreuses
autres démocraties contemporaines comprenant
un mécanisme de garantie juridictionnelle de
la Constitution, le développement de la justice
constitutionnelle au Brésil a conduit à une remise
en cause de la démocratie classique de type
électorale fondée sur une confusion entre la
volonté du peuple et celle des gouvernants
élus. Partant du postulat que le fonctionnement
démocratique s'inscrit désormais dans une
perspective réflexive, cette thèse propose
d'analyser, à travers l'étude de la jurisprudence
de la Cour suprême, les changements au sein
du régime démocratique brésilien afin de savoir
si les modifications qui en découlent ont entraîné
un dépassement du modèle démocratique ayant
donné lieu à une démocratie dite « réflexive ».