Les enfants de la rue à Abidjan : une étude socioanthropologique des éléments symptomatiques de la crise ivoirienne

Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire a longtemps été
citée en exemple, en tant que fleuron du modernisme africain, avec ses
grandes tours administratives qu'elle arborait fièrement et qui lui ont
valu le surnom de «Manhattan de l'Afrique». Pourtant, force est de
constater que ce bel édifice s'est terni au fil des ans et la réalité actuelle
n'est guère reluisante.
A l'instar des autres pays en développement, les crises successives,
économiques, sociales et politiques, ont touché la Côte d'Ivoire en
plein coeur de son développement, tant et si bien qu'elle a oublié ce qui
en faisait sa force, c'est-à-dire ses enfants. Cette exclusion symbolique
est le reflet de la perte de référence identitaire ivoirienne et de sa
violence exacerbée comme mode d'expression.
Cette étude réalisée à partir d'une enquête de terrain, a voulu mettre
en exergue cette génération sacrifiée et montrer comment elle s'adapte
à cet univers périlleux que représente la rue. Enfin, elle s'est interrogée
sur une éventuelle vie, après. Autrement dit, sortir de la rue à Abidjan
est-il voeu pieux, a fortiori dans un climat de crise profonde ?