Narcisse navré

Après une série de toiles consacrées aux patates, puis aux paysages,
Cueco s'attaque à l'autoportrait. L'écrivain, qu'il est aussi, ne peut
s'empêcher de ricaner, d'ergoter, de s'interroger sur l'image qu'il a
de lui, qu'en ont les autres (notamment sa femme), d'explorer les
autoportraits des autres peintres.
Ce tête-à-tête face à son miroir, à sa toile, à sa page blanche,
le plonge dans des abîmes de réflexions farfelues ou sombres,
absurdes ou savantes.
L'auteur est peut-être un Narcisse navré mais le lecteur ne pourra
plus se regarder dans la glace sans se remémorer sa constatation :
«Personne n'a jamais vu ni son dos ni son visage. On peut les
photographier, les dessiner, les voir par un jeu de glaces, etc., mais
les voir sans intermédiaire, jamais.»