Putsch au PS

Que Ségolène Royal soit ou non la prochaine locataire de l'Élysée, une
chose est certaine : son parcours aura été miraculeux. En quelques mois à
peine, sans véritable base au sein de l'appareil, la présidente de la région
Poitou-Charentes a fait main basse sur la rue de Solferino. Conduit de main
de maître, ce putsch interne a mis le parti sens dessus dessous, balayant les
fragiles équilibres entre courants.
Mais d'où a surgi cette lame de fond ? C'est la génération contestataire
venue au militantisme après le 21 avril 2002 qui en a été le principal moteur.
Frustrés par les congrès de Dijon et du Mans, fatigués des jeux d'appareil,
ces jeunes dirigeants et militants considéraient d'un oeil critique l'avenir
de leur parti. Leur espoir ? Que la candidature Royal soit le point de départ
d'une rénovation en profondeur. À quelques semaines du scrutin, on est en
droit de se poser la question : le verdict des urnes sonnera-t-il le glas du
vieux parti d'Épinay ?
Appliquant à Ségolène Royal la même méthode que pour son précédent
ouvrage sur Nicolas Sarkozy, le collectif Victor Noir nous invite à un voyage
étonnant au coeur du PS, de ses fiefs, de ses clans, et nous livre une véritable
radioscopie de la lutte sans merci pour le pouvoir.