Le livre de Canaan

Au II° millénaire avant Jésus-Christ, à l'ouest du
Jourdain, s'étendait une région mythique. Très vaste, elle comprenait
les territoires actuels d'Israël, de la Palestine, quelques
portions de la Syrie, du Liban et de la Transjordanie.
Illuminé de merveilleux paysages, ce pays était si riche
que, d'après la Bible, il fut promis par Dieu au patriarche
Abraham et à ses descendants. Son exubérante fécondité
lui permettait de ruisseler de lait et de miel. A titre d'exemple,
des témoins dignes de confiance affirmaient qu'une
seule grappe de chasselas ne pouvait être transportée que par
plusieurs athlètes en pleine forme.
D'abord appelée pays du pourpre rouge, cette terre
prodigieuse fut dénommée Terre de Canaan, du nom de son
premier roi et fondateur historique.
De la vie certainement fantastique de ce personnage, la
postérité n'a retenu que sa turbulente jeunesse. Petit-fils de
Noë, célèbre vigneron et navigateur à ses heures, Canaan,
encore adolescent, fut frappé d'anathème par sa noble famille qui
« le condamna à devenir non seulement son esclave mais aussi
l'esclave de ses esclaves. »
Sèchement rapportée dans la Genèse, cette terrible sentence ne
fournit aucun des attendus de l'accusation.