Angoisses névrotiques et mal-être dans Assèze l'Africaine de Calixthe Beyala

Quiconque a lu les romans de Calixthe Beyala a été impressionné
par un métalangage psychanalytiquement orienté ; de celui-ci
l'écrivaine se sert copieusement pour rendre compte du comportement
étrange de ses personnages.
Très abondant dans Assèze l'Africaine , ce métalangage a été motivé
par le fait que les acteurs évoluant dans cet univers romanesque
sulfureux sont tous désaxés : ils sont rongés par un mal-être permanent,
triturés par une angoisse torturante qui les propulse souvent
au seuil navrant de la névrose et même de la démence.
Comment en sont-ils arrivés à ce stade fatidique de délabrement
mental dont les retombées sur leur comportement sont, psychologiquement
parlant, consternantes ?
Les raisons profondes ayant poussé Christine Assèze à commettre
un crime odieux et Sorraya à se suicider, comment autrement les
comprendre sans remonter aux sources mêmes de leur Moi çaïque,
sans examiner l'étiologie de leur mal-être profond ?
Dans la veine d'une certaine psychanalyse littéraire conçue
comme une herméneutique interprétative dont la clef de voûte est
une auscultation analysante des personnages, l'essai que le méthodologue
du texte, Patrice Gahungu Ndimubandi , dédie aux
chercheurs, professeurs, étudiants ou autres fans des littératures
francophones apporte incontestablement une réponse éclairée à
ces épineuses questions.