L'arbre qui cache la forêt

L'arbre qui cache la forêt
« L'arbre qui cache la forêt » est un des dictons les plus énigmatiques qui soient,
on le prend souvent au mot et à la légère et tout le monde semble comprendre
ce qu'il signifie. Michel Carqué s'en est servi comme d'une formule rituelle et
hypnotique pour explorer plusieurs modalités de l'invisible et du trompe l'oeil.
Quelle est la forêt ? Quel est l'arbre ? Où commence l'un, où commence
l'autre ? Qui cherche l'un et l'autre ? Où sont-ils ? Qui suis-je devant l'arbre
qui cache la forêt ? Les questions insolubles se ramifient sans cesse dans ce
long poème incantatoire, que l'on peut rapprocher des oeuvres-mondes où la
question humaine est envisagée dans toutes ses dimensions (on pense à Dante,
Blake, Dostoïevski ou Joyce).
La quête de l'arbre, autre version de la quête du Graal, prend ici une dimension
emblématique, allégorique ou symbolique, et l'on ne sait plus distinguer les unes
des autres tant la vie de l'arbre, irriguée de la vie de l'homme, échappe aux
définitions et pousse de son propre chef !