Une romancière du siècle des lumières : Sarah Fielding (1710-1768)

Sarah Fielding, soeur chérie du grand écrivain Henry Fielding et
amie de son rival littéraire, le non moins talentueux Samuel Richard-son,
fut l'une des pionnières du roman féminin au XVIII<sup>e</sup> siècle. De
ce compagnonnage littéraire naîtra une oeuvre originale, qui résonne
comme un cri d'alarme arrachant la femme au mépris, à l'ignorance
et aux principes phallocrates qui régissent la société anglaise de
l'époque.
L'univers romanesque de Sarah Fielding et ses héroïnes enjouées
et insolentes face à l'arbitraire masculin, annoncent, avec l'humour,
la discrétion et la sobriété qui caractérisent l'auteur, les revendications
affirmées à la fin du siècle avec véhémence par Mary Wollstonecraft
dans sa Défense des Droits de la Femme.
En s'assurant elle-même les moyens de sa subsistance par la
publication de ses romans, Sarah Fielding, déplorant l'état de minorité
où les femmes étaient réduites, eut l'audace du savoir et, par la
création littéraire, contribua, sans haine et sans crainte des hommes
et bien avant le féminisme moderne, à la «libération» intellectuelle
de la femme.