Clinique lacanienne (La), n° 11. De la féminité

La question du féminin hante la psychanalyse depuis son commencement.
Cependant, à s'en tenir à ce qu'il a entendu de l'inconscient, Freud ne l'a jamais pensé en rapport avec un « archaïque sensoriel et pré-verbal » ou dans un « corps à corps » vertigineux avec la mère. Il a, au contraire, toujours soutenu que, pour la fille, la question de sa féminité ne s'ouvre qu'à sortir de l'orbe maternel et à consentir à se servir du père dans l'Oedipe, même si l'issue en demeure incertaine du fait de la déception sur laquelle la laisse le complexe d'Oedipe.
Quant à Lacan, il a repris la question là où Freud l'avait laissée pour l'éclairer par la logique. C'est dans ce contexte qu'il a frayé la voie à sa notion de pas-tout , pour rendre compte de la spécificité de la position féminine à l'endroit du phallique. Par là, se trouvait cernée logiquement la place du féminin dans la structure ; là où le champ phallique rencontre sa limite, s'ouvre l'espace d'une jouissance « au-delà du phallus ».
Ce numéro de La clinique lacanienne montre comment ces élaborations conceptuelles permettent d'éclairer d'un jour nouveau les problématiques féminines et de rendre compte de la clinique contemporaine.