Recherches sur l'imaginaire, n° 30. Métiers et marginalité dans la littérature

Quel point commun y a-t-il entre l'éboueur et l'alchimiste, le guérisseur
et la prostituée, le bourreau et l'astrologue, le fossoyeur et le boucher,
l'embaumeur et le sorcier, ... ?
A première vue aucun, si ce n'est que ces activités et ces métiers parfois
transmis de génération en génération ont été, selon les lieux et les époques,
relégués aux marges des sociétés qui les ont tantôt combattus tantôt
tolérés sans jamais totalement les accepter.
L'autre point commun entre ces hommes et ces femmes contenus aux confins
du groupe dominant est sans doute leur rapport intime avec les limites
acceptables et acceptées du corps et de l'esprit, et leur commerce quotidien,
souvent exercé au service ou au nom même de la collectivité, avec
l'impur (les déchets, le sang, le sexe,...) ou l'inconnu (l'âme, le savoir,
l'avenir, ...).
Ce numéro des Recherches sur l'imaginaire éclaire le recours dans la littérature
à ces figures et ces métiers insolites par les écrivains et le sens qu'il
convient de leur donner comme révélateur, parfois en creux, des valeurs et
des préjugés d'une époque.
Nouvelle rubrique Comptes rendus qui propose des analyses d'ouvrages traitant
de l'imaginaire et du symbolisme dans le champ littéraire.