De l'Antiquité tardive au Moyen Age : études de logique aristotélicienne et de philosophie grecque, syriaque, arabe et latine offertes à Henri Hugonnard-Roche

La circulation du savoir philosophique à travers les traductions du
grec au syriaque, du grec à l'arabe, du syriaque à l'arabe, de
l'arabe au latin forme, depuis un siècle et plus de recherches
savantes, un domaine scientifique à part entière. Ce volume réunit
des spécialistes des disciplines du domaine voulant rendre
hommage à un collègue dont l'activité a ouvert une voie,
Henri Hugonnard-Roche.
Spécialiste de la transmission du grec au syriaque de la logique
aristotélicienne, Henri Hugonnard-Roche a montré par ses
recherches la continuité entre la philosophie de l'Antiquité tardive
et la pensée des chrétiens de langue syriaque d'un côté, des
savants musulmans écrivant en arabe, de l'autre. Réunis souvent
par ce que Werner Jaeger avait autrefois désigné comme «la portée
oecuménique de l'Antiquité classique», des musulmans et des
chrétiens faisant partie d'un cercle philosophique se penchaient,
dans la ville de Bagdad au X<sup>e</sup> siècle, sur le texte d'Aristote. Leur
«Aristote» était souvent celui de l'Antiquité tardive : l'Aristote de
l'école néoplatonicienne d'Alexandrie que les intellectuels de la
Syrie chrétienne avaient déjà rencontré quelque quatre siècles
auparavant et qu'ils avaient traduit, en même temps que Galien, et
parfois commenté. Des noms presque inconnus comme celui de
Sergius de Resh'ayna (mort en 536) commencent dans nos
manuels à en côtoyer d'autres bien plus connus, comme celui de
Boèce, grâce aux recherches de Henri Hugonnard-Roche. Ce
volume, par la variété des langues qui s'y entremêlent, des
traditions de pensée qu'il fait fusionner, par l'acribie des
contributions et le caractère novateur des éditions de textes et des
études ponctuelles qu'il contient, témoigne du rayonnement
international du savant auquel il est offert, et de l'effervescence
du domaine de recherche auquel il a si grandement contribué.