Zoloé et ses deux acolytes

Zoloé et ses deux acolytes

Zoloé et ses deux acolytes
Éditeur: L'Insomniaque
2014122 pagesISBN 9782915694741
Format: BrochéLangue : Français

Tout le bonheur des hommes

est dans l'imagination

"Dans le voisinage des Champs-Élysées est une

petite maison, vrai chef-d'oeuvre d'architecture

érotique. Des statues nues représentent tout ce

que les imaginations les plus licencieuses ont

enfanté de plus propre à provoquer aux

amoureuses jouissances. On y arrive à travers un

labyrinthe d'allées dont il faut avoir l'itinéraire

pour saisir la véritable qui conduit aux Délices

- c'est ainsi qu'on appelle ce séjour enchanteur...

Le dôme est surmonté d'un satyre qui regarde,

avec une complaisance infinie, les prodigieuses

marques de sa virilité. Une jeune nymphe, debout

sur la ceinture qui domine le portique, attache à

la même partie des yeux enflammés. Le pourtour

est garni d'une armée d'amours qui lancent des

flèches sur tous ceux qui se présentent. Au milieu

du cintre, on lit ces mots gravés en lettres d'or :

Temple du plaisir. Au-dessous, ceux-ci en

lettres de feu : Jouir ou mourir."

Trois Merveilleuses - Zoloé,

Lauréda et Volsange - invitent

dans un temple dédié au plaisir

trois fouteurs, le capucin Pacôme,

le frotteur Parmesan et le député

Fessinot, avatar du thermidorien

Tallien (qui finit la partie bafoué,

le nez dans une fosse d'aisance).

Dans ce récit finement libertin,

Bonaparte, sous le nom d'Orsec,

conduit au mieux ses calculs

politiques, mais la véritable

triomphatrice est Joséphine-Zoloé,

qui, toute à ses frasques, ne perd

pas une seconde de plaisir.

On crut longtemps que ce court

roman à clés, anonymement publié

en 1800, provoqua l'arrestation de

Sade en 1801. Or, quoique sadien

en diable, il ne peut lui être

attribué avec une entière certitude.

Retour à l'ordre moral oblige, le

ci-devant marquis finit ses jours à

l'asile de Charenton (lui, l'homme

le plus sain d'esprit qui fût

jamais). Les nouveaux maîtres ne

purent jamais lui pardonner

d'avoir clamé que «tout pouvoir

est par nature criminel», ni son

insouciant penchant à croire que,

dans quelque maison de campagne

aux murs ornés de faunes foutant

des nymphes, on puisse parfois se

laisser aller à son désir.

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