La chapelle Saint-Barthélémy de Wiesenbach : de la légende à l'histoire

Lieu de culte et centre de pèlerinage de temps immémorial, site d'un ancien sanctuaire
païen dédié à la déesse Visuna , bâtie sur un cimetière d'époque franque..., la chapelle Saint-Barthélemy
de Wiesenbach (Saint-Vith) jouit d'une tradition historique emblématique.
Faisant partie des plus anciens édifices classés de Belgique, décorée de splendides peintures
murales du XV<sup>e</sup> siècle redécouvertes par hasard en 1982, son origine remonterait au IX<sup>e</sup> siècle.
Les fouilles archéologiques et les recherches pluridisciplinaires menées depuis 1994 ont
livré des résultats inattendus. Remettant en question la plupart des données publiées
auparavant, ils permettent de retracer l'évolution complexe de l'édifice qui - pourtant
totalement isolé de tout habitat jusqu'il y a peu - a constamment fait l'objet d'importants
travaux d'agrandissement et d'embellissement.
La première occupation du site de Wiesenbach remonte au XI<sup>e</sup> siècle ; le cimetière alors
aménagé est affecté aux hameaux de la vallée du Prümerbach , situés à trop grande distance
de leur église-mère. Le plus ancien édifice identifié par les fouilles archéologiques, une petite
chapelle à chevet plat, remonterait au milieu du XIII<sup>e</sup> siècle. Au XIII<sup>e</sup> ou au XIV<sup>e</sup> siècle, cette
chapelle est pour la première fois rénovée : le choeur est agrandi, puis recouvert d'un enduit
portant un décor de faux-joints ; la nef est en partie reconstruite. La seconde transformation
débute après 1425 et s'achève peu après le milieu du XV<sup>e</sup> siècle. On construit un choeur
polygonal et on modifie la nef, qui est pourvue de fenêtres-hautes. L'aultel Saint Bartholomé
est mentionné pour la première fois en 1575-1576, dans une enquête sur les biens et revenus
du clergé luxembourgeois. La troisième transformation entamée avant 1680 ne cible cette fois
que la nef, partie laïque de l'édifice. Interrompu par la guerre de Succession d'Espagne, le
chantier s'achève au plus tôt en 1721. Le coût des travaux est alors probablement déjà
financé grâce au pèlerinage à saint Barthélemy, dont une supplique inédite de 1730 témoigne
indirectement. L'attachement inaltérable des pèlerins puis, plus tard, des habitants de
Wiesenbach à la chapelle Saint-Barthélemy a ainsi assuré la pérennité de l'un des monuments
les plus remarquables de la région de l'Eifel.