Je suis mort il y a vingt-cinq ans

Je suis mort il y a vingt-cinq ans. À vingt-cinq ans.
D'une mort pas belle. D'abord tombé, le bec dans le
sable, sur la plage de Coney Island. Désolé, Mr. Reed,
même avec la meilleure volonté du monde, je n'aurais
pas pu «jouer au football pour le coach» ce jour-là. Mal
allongé, j'ai failli en rire.
Coney Island - Le Havre - Paris.
Cette chronique des derniers mois d'un jeune dandy
de province condamné par une maladie mystérieuse
est aussi l'histoire singulière de ces quelques années
intenses où toute une génération de «jeunes gens
modernes» basculait soudain de l'insouciance des
seventies dans l'inexorable folie des années 80.
Vif et tendu, avec un rien de mélancolie et beaucoup
d'humour, cet instantané capture l'essence même
d'une époque. Les filles portaient alors des t-shirts
Alice Cooper, les garçons tombaient sous le charme de
Mireille Perrier, Boy Meets Girl. Boys meet boys aussi.
Tous avaient du mal à croire qu'on pouvait aimer et en
mourir, le rock était la vie et chacun se rêvait plus ou
moins chanteur pop. C'était il y a vingt-cinq ans.