Paulmier de Gonneville : son voyage imaginaire

En 1503-1504, un navigateur normand,
Paulmier de Gonneville, aurait séjourné au
Brésil, puis ramené à Honfleur le fils du roi Arosca,
le jeune indien Essoméricq. Ce dernier, serait resté
bloqué en Normandie et y aurait fait souche. Son
prétendu arrière-petit-fils, l'abbé Paulmier de
Courtonne, chanoine de Lisieux, publia en 1663 le
récit partiel du voyage de Paulmier de Gonneville.
Unanimement les historiens du 20ème siècle ont
considéré cette relation de voyage comme étant la
première dont l'authenticité soit indiscutable.
Cependant, ces mêmes historiens sont passés
à côté d'un important dossier de 116 pages déposé
dès 1811 à la Bibliothèque Impériale devenue la
Bibliothèque Nationale. L'étude de ces documents
révèle que Paulmier de Gonneville n'avait pu
débarquer au Brésil, mais sur les côtes des Terres
Australes, un peu au sud-est du Cap de Bonne
Espérance. Or il est reconnu aujourd'hui, contrairement
aux convictions géographiques des 16ème
et 17ème siècles, que ces Terres Australes n'existent
pas. Ainsi, on en arrive à la conclusion que le récit
du voyage de Paulmier de Gonneville est un faux,
commis en 1659 par l'abbé Paulmier de
Courtonne, dans le cadre d'un projet d'évangélisation
des Terres Australes.