Le petit train d'Auteuil

Sur l'échiquier des Squares de la grande
marelle parisienne, à cloche-jambe, à
cloche-pied, on atteignait parfois le Ciel du Bois
de Boulogne. Mais pour arriver là, il fallait marcher,
marcher toujours, marcher encore, du square
des Epinettes au square Carpeaux, du Moulin
Rouge au Moulin d'Auteuil, du Monoprix de la
Fourche au Prisunic Mozart, du cimetière
Montmartre au cimetière de Passy, du collège de
la rue de Rome au "misérable lycée lointain", en
quête de ces cimes où - paraît-il - l'air est plus
pur ; et tout ça parce que le berger cherche toujours
le mouton, comme s'en plaignait tristement le grand-oncle Felip, et que
le mouton ne cherche jamais le berger, comme le constatait narquoisement le
grand-oncle Cartou.
Et puis, quand nos jambes grêles ne pouvaient
plus nous porter, alors on prenait le petit train
d'Auteuil ...