Théorie des relations internationales

L'observateur peut aisément relever une certaine accélération
des phénomènes internationaux depuis un peu plus d'une
décennie. On peut en effet remarquer que le monde a tendu à
évoluer de manière saccadée, marquant une série de ruptures : fin
de la bipolarité, crises financières dévastatrices, choc du 11
septembre 2001, etc. Ces mouvements erratiques ont eu des effets
aussi bien sur la vie interne des États que sur le système
international qui livre les signes d'une instabilité grandissante.
Cette situation rend perplexes aussi bien le praticien que le
théoricien qui voient se déployer sous leurs yeux une myriade de
phénomènes difficiles à interpréter et à cerner.
Tout cela met la discipline des relations internationales, et en
particulier les théories des relations internationales, de plus en plus
au coeur de l'actualité, mais également face aux limites inhérentes à
un domaine où les faits cachent souvent un chassé-croisé de
phénomènes. Et pourtant, on est loin de souffrir d'une pénurie en
matière de construction de modèles : les relations internationales
ont généré de nombreuses écoles de pensée qui décrivent,
expliquent, voire prédisent. Mais, à l'évidence, l'ère de l'après-Guerre
froide semble, jusqu'ici à tout le moins, rebelle aux vieux
paradigmes, comme elle semble résister aux constructions
théoriques nouvelles dominées par l'effort de réadaptation d'anciens
outils, ou se perdant dans la dramatisation et l'ésotérisme.
Apparemment, le monde nouveau, celui sorti de la réflexion
des observateurs, au moment des chocs de l'après-guerre froide, n'a
pas réellement révélé le sens de son orientation et les grandes lignes
du nouveau jeu international. Quant au monde qui se déploie sous
nos yeux, il brille par ses incertitudes : un univers dans lequel la
pratique internationale dérape de plus en plus et où les théories
semblent se complaire dans une certaine «panne».
Cependant, au-delà des tribulations de la théorie, de sa panne, on
est confronté à des pratiques internationales qui peuvent bien augurer,
sinon d'une transformation radicale de la nature des relations
internationales, du moins d'un nouveau mode de déploiement des
acteurs internationaux qui peut mener vers la fin d'une ère.