Le Conseil d'Etat et le droit social : actes du colloque

Le droit social, bien qu'il se soit constitué en branche particulière du droit,
notamment en France, est habituellement réputé relever du droit privé. Cette
croyance a durablement structuré non seulement la formation, mais aussi les
recherches juridiques. Rares sont en effet les études consacrées à la compétence,
qui est effective, des juridictions administratives, au premier rang desquelles le
Conseil d'État, en matière sociale.
L'objet du colloque dont le présent ouvrage rend compte a été de faire le point et
de susciter la réflexion sur le droit social en tant que dimension essentielle, trop
peu connue, de la compétence et de l'oeuvre du Conseil d'État. Les différentes
contributions, ainsi que les échanges fructueux qui ont eu lieu à cette occasion se
sont attachés à délimiter, en relation avec la Cour de cassation, la compétence du
Conseil en la matière, à préciser le statut et le régime des sources de droit appliquées
par la Haute juridiction administrative et à explorer le jeu concret de l'articulation
entre les compétences respectives du Conseil d'État et de la Cour de
cassation à partir de l'exemple du droit du travail. Le lecteur trouvera dans le
présent ouvrage une analyse rigoureuse des éléments évoqués précédemment
mais aussi l'expression de questions, certes relatives au droit social mais qui intéressent
aussi les autres domaines du droit.
Le présent ouvrage illustre ce que constate le Vice-président du Conseil d'État,
M. Jean-Marc Sauvé, dans son rapport introductif, à savoir que le droit social est
«une oeuvre collective» des institutions et acteurs tant publics que privés. Il illustre
aussi ce que relevaient déjà Jean Rivéro et Jean Savatier au milieu du siècle
dernier : le droit social est bien un terrain privilégié de rencontre du droit public
et du droit privé.