La pensée franciscaine : un seuil de la modernité

Le mouvement franciscain a su participer à l'émergence de l'esprit
moderne, mais aussi donner des forces pour l'évaluer dans ses limites
- l'esprit de surveillance - et ses audaces. Ce mouvement, initié par
François d'Assise (1181-1226), est générateur d'un certain mode de
gouvernance «mineure» et d'un style puissant de pensée, pas seulement
d'un usage simple de la nature ou des biens médiateurs, et d'un art de
la fraternité. Cette pensée plurielle - illustrée ici par une nouvelle
chronologie intellectuelle ample et précise - s'est développée sur
tous les continents selon diverses modalités que le présent ouvrage
s'efforce de repenser, en mettant l'accent sur son attrait majeur (la plus
importante pensée de la liberté avant Kant, suivant Hannah Arendt),
et sur l'effroi qu'elle provoque - dès lors qu'elle met en relief la
contingence de la logique de l'univers, du vivant, de l'homme comme
existibles ; contingence de ses morales, politiques et sciences, mais
encore de ses religions et perceptions de l'infini.
La pensée franciscaine suggère que la meilleure force de la vie, c'est
de pouvoir apprécier cette contingence comme une franche aventure
- ni hasard, ni nécessité, ni artificiel dosage de l'un et de l'autre, mais
ce qui nous touche librement dès l'aube de toute conversation voulue
et novatrice avec le monde.