Descartes et le Nouveau Monde : le cheminenemt du cartésianisme au Canada, XVIIe-XXe siècle

L'Université Laval, qui célèbre cette année le 340<sup>e</sup> anniversaire
de la fondation du Séminaire de Québec par Mgr de Laval
et le 150<sup>e</sup> anniversaire de l'octroi de sa charte par la reine Victoria,
nous offre l'occasion d'éclairer l'identité de la pensée qui se forma en
Nouvelle-France, au Canada et au Québec, du dernier quart du XVII<sup>e</sup>
siècle à nos jours, ouvrant une histoire globale où s'établissent, avec la
construction de ce pays, ses rapports avec l'Europe. Ce regard cherche
à retrouver la dynamique de l'introduction, généralement polémique,
du cartésianisme au Canada - des débats provoqués par la parution
du Discours de la méthode en 1637 et des Méditations métaphysiques en
1642, aux commémorations du tricentenaire du Discours et, à la fin
du XX<sup>e</sup> siècle, au colloque international Descartes organisé en 1996
par la Faculté de philosophie de l'Université Laval à Québec et au
congrès de l'Association des sociétés de philosophie de langue française
qui se tint à la Sorbonne sur L'Esprit cartésien pour célébrer le
400<sup>e</sup> anniversaire de la naissance du philosophe.
On approchera ainsi un mode de la genèse de la pensée du Nouveau
Monde. L'attitude et les conceptions de Descartes, et ce que l'on a
désigné comme le cartésianisme, semés et mûris à partir du dernier
tiers du XVII<sup>e</sup> siècle au Canada par des professeurs de philosophie
venant de France puis par ceux qui furent formés sur place, filtreront
des deux côtés de l'Atlantique dans la philosophie dominante, la scolastique,
qui semblait avoir fourni tout ce qu'elle pouvait apporter et
dont la répétition des formulations ne suffisait plus à l'interprétation
du monde.